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La Directive SEVESO 2

La directive SEVESO 2 vise les établissements potentiellement dangereux au travers d'une liste d'activités et de substances associées à des seuils de classement. Elle définit deux catégories d'entreprises en fonction de la quantité de substances dangereuses présente.

 

Les entreprises mettant en œuvre les plus grandes quantités de substances dangereuses, dites "SEVESO 2 seuils hauts", font l'objet d'une attention particulière de l'Etat :

  • les dangers doivent être clairement identifiés (y compris les effets dominos) et une analyse des risques doit être réalisée ;
  • l’exploitant doit définir une politique de prévention des accidents majeurs et mettre en place un système de gestion de la sécurité pour son application ;
  • des mesures techniques de prévention, élaborées par les inspecteurs des installations classées sur la base d’études de dangers, sont imposées par arrêtés préfectoraux dans le cadre d’une procédure d’autorisation ;
  • un programme d’inspection est planifié par l’inspection des installations classées ;
  • des plans d’urgence sont élaborés pour faire face à un accident : POI (Plan d’Opération Interne) mis en oeuvre par les exploitants, et PPI (Plan Particulier d’Intervention) mis en oeuvre par le Préfet en cas d’accident débordant les limites de l’établissement ;
  • une information préventive des populations concernées doit être organisée ;
  • enfin, à l’intérieur des zones de risques définies par l’Etat, les communes sont tenues de prendre en compte l’existence de ces risques pour leur urbanisation future.

Les entreprises dites “SEVESO 2 seuils bas” ont des contraintes moindres mais doivent élaborer une politique de prévention des accidents majeurs. La transposition en droit français de la directive SEVESO 2 concerne 77 établissements hauts normands : 16 dans l’Eure, 61 en Seine-Maritime.

A titre indicatif, on peut noter que la Haute-Normandie accueille environ 6 % des établissements SEVESO 2 recensés en France (environ 1 300).

     

 

Tableau : Liste des établissements SEVESO 2 dans l'Eure

Tableau : Liste des établissements SEVESO 2 en Seine-Maritime

 

Répartition géographiques des établissements SEVESO 2 seuils hauts en 2006 en Haute-Normandie

Répartition géographiques des établissements SEVESO 2 seuils hauts en 2006 en Haute-Normandie

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Publication des textes d’application de la loi sur la prévention des risques technologiques et naturels

La loi du 30 juillet 2003 est directement inspirée des « retours d’expérience » qui ont suivi les catastrophes technologiques et naturelles récentes, explosion de l’usine Grande Paroisse (AZF) de Toulouse, défaillance de Metaleurop Nord à Noyelles Godault, inondations de la Somme, du Gard et de l’Hérault.

Les dispositions de la loi visent principalement les établissements industriels relevant de la directive SEVESO 2, qui sont tenus de réaliser et de mettre à jour régulièrement une étude de dangers.

 

 

Parallèlement à la priorité donnée à la prévention et à la réduction des risques à la source, la loi répond à la nécessité d’informer et d’associer plus largement le public à la prévention des risques industriels. Elle prévoit ainsi la création de comités locaux d’information et de concertation (CLIC) sur les risques dès lors qu’il y a un établissement SEVESO à haut risque. Ce comité peut faire appel aux compétences d’organismes experts extérieurs. Il donne un avis dans le cadre des enquêtes publiques préalables aux autorisations d’exploitation. Plus généralement, les sociétés informent, au travers de leurs rapports annuels, sur leurs politiques de prévention des risques et leurs capacités à couvrir leur responsabilité civile. Enfin, lors de transactions immobilières et foncières, les vendeurs ou bailleurs devront informer les acheteurs ou locataires potentiels des risques auxquels le bien est exposé.

La maîtrise de l’urbanisation autour des sites à risque sera facilitée à l’avenir par deux outils permettant de préserver l’avenir et de résorber progressivement les situations historiques d’usines enclavées en milieu urbain :

  • des servitudes d’utilités publiques indemnisées par l’exploitant à l’origine du risque, instituées pour tout risque nouveau engendré par l’extension ou la création d’une installation industrielle à hauts risques qui nécessiterait une restriction supplémentaire de l’utilisation des sols,
  • la mise en oeuvre de plan de prévention des risques technologiques (PPRT). Ces plans ont pour effet de limiter l’exposition de la population aux conséquences des accidents, dont l’impact est notamment appréhendé au travers des études de danger réalisées par l’industriel. Les PPRT délimitent des zones à l’intérieur desquelles des prescriptions peuvent être imposées aux constructions existantes et futures et à l’intérieur desquelles les constructions futures peuvent être réglementées. Ils définissent également les secteurs à l’intérieur desquels l’expropriation est possible pour cause de danger très grave menaçant la vie humaine, ceux à l’intérieur desquels les communes peuvent donner aux propriétaires un droit de délaissement, et ceux à l’intérieur desquels les communes peuvent préempter les biens à l’occasion de transferts de propriétés. Le financement des mesures correspondantes sera défini par des conventions entre l’Etat, l’industriel, et la collectivité territoriale. Ces conventions préciseront également les modalités d’aménagement de ces espaces, tandis que les travaux rendus obligatoires par les PPRT et réalisés sur les habitations principales existant à la date d’approbation du plan donneront lieu à crédit d’impôt. Comme dans le cas des plans de prévention des risques naturels, c’est le préfet qui prescrit, élabore, et approuve le plan après concertation, consultation des collectivités locales et enquête publique.

Les exploitants de noeuds de transport de matières dangereuses, tels que les gares de triage, les ports, les installations multimodales ou les lieux de stationnement de camions sont également concernés par ce nouveau texte.

La participation des salariés à la prévention des risques, notamment en élargissant les missions et pouvoirs des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), la formation des personnes intervenant sur les sites à risque et la coordination des actions de prévention entre entreprise utilisatrice et sous-traitants constitue un troisième champ à l’intérieur duquel le projet de loi propose de légiférer. Les entreprises et salariés sous-traitants doivent bénéficier, au même titre que les employés de l’entreprise à l’origine du risque, de formation, de représentation dans un conseil d’hygiène et de sécurité élargi au site (pour les 670 établissements SEVESO à hauts risques) et compétent pour les questions de sécurité, et de formation. L’amélioration de la participation des personnels à la vigilance et au retour d’expérience des incidents est également favorisée. La loi fixe les objectifs, laissant une large part à la négociation entre partenaires sociaux pour déterminer les moyens adaptés à chaque secteur d’activité.

Des textes importants ont été publiés en application de la loi du 30 juillet 2003. On peut en particulier citer :

  • le décret du  1er février 2005 relatif à la création des comités locaux d’information et de concertation,
  • le décret du 7 septembre 2005 relatif aux plans de prévention des risques technologiques,
  • le décret du 13 septembre 2005 modifiant le décret du 21 septembre 1977 pris pour l’application de la loi du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection de l’environnement
  • l’arrêté du 29 septembre 2005 modifiant l’arrêté du 10 mai 2000 relatif à la prévention des accidents majeurs
  • l’arrêté du 29 septembre 2005 relatif à la prise en compte de la probabilité d’occurrence, de la cinétique, de l’intensité des effets et de la gravité des conséquences des accidents potentiels dans les études de dangers
  • la circulaire du 29 septembre 2005 relative aux critères d’appréciation de la démarche de maîtrise des risques des accidents susceptibles de survenir dans les établissements dits « SEVESO »

Au 31 décembre 2006, six CLIC étaient créés dans le département de Seine-Maritime (Port-Jérôme, zone industrialo-portuaire du Havre, Rouen Est, Rouen Ouest, Agglomération d’Elbeuf, Sites isolés) et deux dans le département de l’Eure (Vernon et ZI de Gaillon).


 
 
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